Couleur d’une soirée d’automne trop légère pour un environnement hostile.

Une rue en travaux. Image de la cité en ruine qui n’en finit pas de se reconstruire. Des barrières criardes, rouges, vertes et jaunes. Agressions permanentes. Milieu déchu. Semblant de vie dans le bruit des moteurs et des cris. Visages tendus de ceux qui ne savent plus. Temps maudit de l’accélération à tout prix. La souffrance colle à l’air obscur et pollué de cet îlot déjà condamné. Le désert s’immisce, traverse la peau et touche à l’âme. Je rentre apeurée, sûre de ne pas me retrouver. Quatre étages. Le repos d’une pièce isolée, remplie de livres, couverte de poussière. Moment pour soi. Total espace de liberté. Je viens de gagner un répit. Je sors apaisée d’un escalier vide. Suranné. Et je ne sens plus le monde. Je suis tournée vers l’intérieur, transportée ailleurs. Un chat venu de nulle part file devant moi. Retour à la réalité. Je m’arrête. Je m’entends respirer. Je regarde mes pieds. Un rayon de lune. Mes yeux se lèvent. Le ciel est étoilé, l’astre plein reflète mon cœur. Je baisse la tête et le chat se frotte contre moi.