Une ville immense, grise de saleté, triste d’oubli. Avec pour seule âme le bruit incessant des existences monotones. Pris au piège. Surpopulation. Les rues envahies/sans vie. Etres vide de sens, absence. La foule se presse, glisse et s’étale. Elle s’immisce dans les méandres de son cœur abandonné. Animation fausse/illusoire. Courir, se heurter, se croiser sans se voir. Risque permanent de se rencontrer dedans. Faire comme les autres et les faux semblants. Mensonges des yeux ouverts. Les paupières transparentes bien greffés s’épaississent chaque jour davantage. Miracle de la technologie de pointe.

Il baisse la tête. Il attend l’instant. Il ne sort plus dehors.

Rien n’accroche le regard dans ce paysage aseptisé. Tout se perd. Désert à perte de vue. Mais au loin, ou au centre, une maison. Ilot de résistance. Captation minuscule/ridicule. Une maison si petite, si basse, si étroite. Une pièce peut-être. Une seule sans aucun doute. L’obscurité est reine du jour. Les volets fermés comme protection. Un miracle. Un trou dans le ciel bouché. Un trait de lumière tombe direct sur une chaise branlante. L’éclair se dresse et s’élève. Hurlement à l’espoir sans miroir. Un cri dans la nuit infinie. Piètre image de solitude. La mort n’est pas éloignée.

Il est assis patiemment. Il est hors du temps/sans âge. Il n’a pas de visage.

Rien ne bouge. Même l’air semble absent dans cette atmosphère confiné. La poussière a marqué son territoire. Soudain, une larme/arme ruisselle. Traînée de sentiment sur une joue. Reste d’humanité pour un monde en déroute. Dernier signe d’une sensation tuée/exterminée. Douce perle d’eau salée. L’angoisse et la peur sont vivantes. La peine aussi. Etre en déroute et être. Un chagrin d’amour. Evidemment.

Il est dans son histoire. Il éprouve. Il ne bouge pas.

Il a perdu sa moitié. Peut-être ne l’a t’il jamais trouvé. Ou il a eu peur/fuite. Préférer la chimère du souvenir. Passer à coté pour ne pas perdre et tout gâcher. Il ne voulait pas abaisser son désir à la mesure du quotidien. Il voulait l’éternité. On ne baise pas avec l’idéal.

Il a longtemps médité. Parfois, il vaut mieux arrêter de penser. Ses pensées, il ne peut pas les arrêter. Il ne veut pas non plus. Elles sont devenues ses seules compagnes/maîtresses. Il se souvient. Il n’arrive plus à dessiner ses traits mais il murmure son nom. Sans cesse. Il est comblé. Litanie d’un désespoir sans fond. Un bruit extérieur/intérieur. Il ne lève pas la tête. Il se tait simplement.

Il écoute. Une voix, un autre soi, lui raconte le commencement. Ses années et ses regrets. Elle lui dit sa compréhension/pardon. Mieux vaut souffrir que ne pas ressentir. Et il sourit en silence. Il a reconnu ce doux messager. C’est elle. Il peut partir en paix.